Ma ville est plus grosse que la tienne, ou l’histoire d’un Justicier à Dallas

Vous avez entendu parler du retour de la télésérie culte américaine Dallas? Celle-ci sévira de nouveau sur les ondes et nous fera revivre les troublantes tribulations du vilain JR et de la sulfureuse Sue Ellen.  Bien ce n’est pas de ça qu’on veut vous parler.

Tout est plus gros au Texas : le monde, les ranchs, les steaks, les chars et les villes. C’est d’ailleurs ce qui frappe en arrivant dans la grosse région de Dallas. Cette immense agglomération compte environ 6 millions d’habitants répartis sur 24 000 km², ce qui en fait la plus vaste région métropolitaine des États-Unis.  À titre de comparaison, le grand Montréal compte 3,7 millions d’habitants répartis sur un peu plus de 4000 km².   C’est comme si la population de la métropole québécoise était beurrée entre Montréal et Trois-Rivières.

La région de Dallas est en fait composée d’une constellation de villes, avec des populations variant entre 100 000 et 1,2 millions d’habitants.  Celles-ci possèdent toutes leur propre centre-ville et sont reliées entre elles par un incroyable réseau autoroutier. En gros, à chaque matin 6 millions de Texans partent travailler dans tous les sens et ont une autoroute pour s’y rendre! Bienvenue dans la sunbelt américaine!

Résultat: l’automobile de règne en maître et les bouchons de circulation sont rarissimes. Même si la fluidité des déplacements est excellente (en voiture on s’entend), les distances à parcourir entre les différents pôles de la région sont ahurissantes. Cet étalement à l’extrême rend également difficile d’imaginer que le secteur compte des millions d’habitants.  Peu importe l’heure du jour ou de la nuit, les villes sont vides, presque sans vie et surtout sans âme. Plutôt troublant quand on y est pas habitué.

Pour ce qui est des transports collectifs, «l’autre façon de se déplacer»,  ils sont présents, mais inefficaces et surtout très peu utilisés.  La connexion entre l’aéroport international et les deux principales villes de la région (Dallas et Fort Worth) présente un excellent exemple.  Situé entre les deux pôles, l’aéroport est principalement accessible en voiture, mais offre tout de même un service de train de banlieue.  Utiliser ce dernier constitue une véritable aventure.

La périlleuse expérience débute par un trajet de 30 minutes en «parking shuttle» (incluant un transfert de navette à mi-chemin). Le parcours mène à une station de train de banlieue pauvrement  aménagée. Les trains, qui passent en moyenne aux 45 minutes, conduisent les passagers à destination en environ une demi-heure.  Résultat, un trajet d’un peu moins de 2 heures alors qu’une voiture boucle la distance en 25 minutes. Dans de telles conditions, l’avantage compétitif des transports collectifs est nul.  Même un Justicier convaincu n’a pas osé répéter l’expérience au retour.  En gros, si vous allez à Dallas, ne vous faites pas chier à prendre le train… prenez un char comme tout le monde alors que tout est pensé pour vous faciliter la vie si vous le faite.

Montréal est souvent critiqué alors qu’aucun mode lourd de transport collectif (métro, tramway, train, etc.) ne relie son centre-ville à son l’aéroport.  Les villes équipées d’un tel équipement, comme Munich ou Vancouver, offrent effectivement des portes d’entrée intéressantes aux visiteurs. Cela dit, au-delà du mode de transport proposé, il ne faut jamais perdre de vue que l’efficacité du service offert prime. Un service d’autobus régulier et efficace, comme celui de la 747 de Montréal, sera beaucoup plus utilisé et apprécié qu’un service de train peu fréquent et fermé les dimanches (comme c’est le cas à Dallas).  L’aéroport de Montréal ne bénéficie certainement pas de la meilleure connexion ni de la plus intéressante des portes d’entrée, mais elle est très loin de présenter la pire.

Les villes sont le reflet des gens qui y habitent. Les Texans sont en général très chaleureux et accueillants, mais trop éparpillés sur leur territoire pour que cela laisse une empreinte dans le cœur de leurs villes.  Ils pourraient pourtant donner une saveur distinctive à celles-ci en s’y installant et en les modelant à leur image.

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À propos de Les Justiciers urbains

Un jour, à la suite d’un projet mésadapté pour nore quartier, nous, les Justiciers urbains, avons été frappés par le devoir d’accomplir le destin qui nous unissait. Cette union nous a confié des turbos pouvoirs : lucidité et «exécutivité» hors du commun, capacité de faire triompher le bien du mal (uniquement dans des milieux citadins) ainsi que «sens de l’urbain» les avertissant des dangers imminents. Les Justiciers urbains aiment leur ville plus que tout. C’est pourquoi nous nous intéressons à l’ensemble des questions et enjeux concernant Montréal et sa région. Nous prenons position et faisons valoir nos idées face aux enjeux d’actualité. Nous produisons des éditoriaux, rédigeons des mémoires et participons à des consultations publiques avec pour mission de servir le bien commun de Montréal et de ses citoyens.

Publié le 18 octobre 2012, dans Où sont donc les Justiciers urbains?. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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