Que reste-t-il de Hochelaga?

3 octobre 1535 : Jacques Cartier visite la bourgade iroquoienne de Hochelaga, située dans les environs du Mont Royal.  Aujourd’hui, près de 477 ans plus tard, que reste-t-il de la présence autochtone sur l’île de Montréal?  Comparée à celle de plusieurs autres cultures, elle n’est malheureusement pas très présente, mais elle reprend progressivement la place qui lui revient.

Il est très difficile de savoir de quoi avait l’air le véritable Montréal d’origine car Hochelaga semble déjà avoir disparu au retour de Jacques Cartier en 1541.  Guerre iroquoise?  Épuisement des terres cultivées?  Épidémie?  L’explication de cette disparition reste nébuleuse.  L’emplacement exact de Hochelaga aussi reste incertain.  Malgré cela, Hochelaga est désigné comme lieu historique national depuis le 30 janvier 1920.  Une plaque commémorative est d’ailleurs installée depuis 1925 dans un petit parc situé à gauche de l’entrée principale de l’Université McGill.

Malgré un premier contact positif entre Français et Autochtones, cette relation ne restera pas au beau fixe après la fondation de Ville-Marie en 1642.  En effet, les attaques des Iroquois se firent nombreuses (dont le massacre de Lachine dans la nuit du 4 au 5 août 1689) car les Français s’étaient alliés à leurs ennemis, les Algonquins et les Hurons.  Ces guerres durèrent près de 70 ans, jusqu’à la signature du traité de la Grande Paix en 1701.  Pour célébrer son 300ème anniversaire, la ville de Montréal a inauguré en 2001 la place de la Grande-Paix, tout juste à l’ouest du musée Pointe-à-Callière.  Vous pourrez également y voir tout près la ruelle Chagouamigon, la seule rue ayant gardé son nom d’origine depuis la Nouvelle-France.

Mais la cohabitation n’est toujours pas idéale.  Alors qu’aux États-Unis lesAutochtones sont abattus, au Canada ils sont confinés dans des réserves à partir de 1867 avec la Loi sur les Indiens, loi cherchant à les assimiler.  Pendant le siècle suivant, des milliers d’enfants autochtones ont été enlevés à leur famille et placés dans des pensionnats afin de faire disparaître ce qu’il y avait d’autochtone en eux.  De nombreux abus y eurent lieu et plusieurs décès y ont été cachés.  Un nuage noir dans l’histoire du Canada pour lequel le Premier Ministre Harper a présenté ses excuses complètes au nom du peuple canadien en 2008.

 

En 2006, selon plusieurs organismes, c’est plus de 50,000 membres des Premières Nations, d’Inuits et de Métis qui font leur vie à Montréal.  Sur ce nombre, le tiers avait moins de 25 ans.  On y retrouvait également plus d’un millier de personnes à vivre dans la rue.  Bien que les Autochtones ne constituent que 0,5% de la population montréalaise, ils représentent 10% des itinérants.  C’est pour cela que la plupart des institutions autochtones de Montréal sont des organismes d’aide : Centre d’amitié autochtone de Montréal, Foyer pour femmes autochtones de Montréal, Wampum Centre, First People’s House de l’Université McGill et Centre for Native Education de l’Université Concordia (université qui abrite d’ailleurs plus d’étudiants autochtones que toutes les autres universités réunies).

Mais il est quand même possible de découvrir la culture autochtone à Montréal.  Le Jardin des Premières-Nations du Jardin botanique de Montréal évoque un environnement naturel et constitue la plus importante infrastructure sur le territoire montréalais dédiée aux Premières Nations du Québec.  Visitez-le la fin de semaine car à 13h30 un guide autochtone vous fera faire le tour et vous envoutera par la culture autochtone de ses ancêtres.  On y trouve également une petite exposition où vous découvrirez les nombreuses utilisations que les Premières Nations avaient des ressources naturelles comme le bois, l’écorce et le maïs.  Le 21 juin prochain, pour la Journée Nationale des Peuples Autochtones, vous pourrez y assister dès 11h à l’inauguration du Sentier pour les sept générations futures en présence des artistes concepteurs.

Côté nourriture, vous ne trouverez pas de restaurant autochtone à Montréal.  Vous pouvez tout de même vous attabler au Cabaret du Roy (363, de la Commune Est), un restaurant à thématique « pirate », mais qui fait une petite place aux mets autochtones : salade Wendake, sagamité des Hurons, ainsi que viandes séchées, pemmican et fumaison de saumon à la façon des « sauvages » y sont disponibles.  Vous pouvez aussi sortir vos casseroles et découvrir par vous-même plusieurs recettes amérindiennes grâce au livre PachaMama du chef Manuel Kak’wa Kurtness.  Vous pouvez également suivre sa version télévisée sur les ondes d’APTN, le réseau de télévision des peuples autochtones.  Il vous manque quelques ingrédients comme du thé du Labrador ou de la gelée de cèdre sauvage?  Vous trouverez sûrement ce que vous avez besoin au Marché des saveurs du Québec (280 place du Marché-du-Nord, dans le marché Jean-Talon).  Et durant l’été, vous allez sûrement vous adonner à une pratique typiquement amérindienne : l’épluchette de blé d’Inde.

C’est surtout du côté artistique que la présence autochtone se fait sentir à Montréal grâce à des artistes comme Samian (www.samian.ca), Florent Vollant (www.florentvollant.com) et Elisapie Isaac (www.elisapie.com), la compagnie de théâtre Ondinnok (www.ondinnok.org), la galerie d’Art Inuit Baffin (2140 rue Crescent, 2ème étage) et la boutique Indianica sise depuis 1976 au 79 rue St-Paul Est (et où vous pourriez y acheter un ours polaire empaillé pour 32,000$).  Il y a également sur la table un projet de centre culturel autochtone qui offrirait salles de spectacle, d’exposition et restaurant.  Ne manquez pas aussi le Festival Présence autochtone et son volet films et vidéos du 31 juillet au 8 août 2012.  Vous êtes même les bienvenus au grand pow-wow annuel de Kahnawake les 14 et 15 juillet prochain.

Je vous invite aussi à regarder (si vous ne l’aviez pas fait en janvier dernier) la série 8ème Feu : les autochtones et le Canada, qui dresse la réalité autochtone d’aujourd’hui et ouvre la porte à une réconciliation entre Autochtones et Non-Autochtones.  Les quatre épisodes sont actuellement disponibles sur le site www.tou.tv/8e-feu-les-autochtones-et-le-canada.

Sur ce, je vous donne rendez-vous le mois prochain pour la suite logique : la découverte du Montréal français à la veille de leur fête nationale.

Je vous laisse sur des paroles de Samian tirées de la chanson La Paix des Braves : « Mamawintiwin mi iima elji mackawisiak! » (La force vient de l’unité!)  (www.youtube.com/watch?v=0lkwu4kh20g)… Pensez-y.

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À propos de Les Justiciers urbains

Un jour, à la suite d’un projet mésadapté pour nore quartier, nous, les Justiciers urbains, avons été frappés par le devoir d’accomplir le destin qui nous unissait. Cette union nous a confié des turbos pouvoirs : lucidité et «exécutivité» hors du commun, capacité de faire triompher le bien du mal (uniquement dans des milieux citadins) ainsi que «sens de l’urbain» les avertissant des dangers imminents. Les Justiciers urbains aiment leur ville plus que tout. C’est pourquoi nous nous intéressons à l’ensemble des questions et enjeux concernant Montréal et sa région. Nous prenons position et faisons valoir nos idées face aux enjeux d’actualité. Nous produisons des éditoriaux, rédigeons des mémoires et participons à des consultations publiques avec pour mission de servir le bien commun de Montréal et de ses citoyens.

Publié le 14 juin 2012, dans Justicier reporter. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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