Lisbonne à Montréal

Comme le printemps n’ose pas prendre sa place, nous sommes de plus en plus à rêver aux destinations ensoleillées des Caraïbes et du sud de l’Europe.  J’en profiterai donc, encore une fois ce mois-ci, pour vous faire voyager tout en restant à Montréal.

Avec la Fête du Santo Cristo qui arrive à nos portes, le moment est donc idéal pour partir vers Lisbonne à l’intérieur des limites de notre belle métropole.  Boa noite à tous et allons découvrir ensemble le Montréal portugais.

Le premier immigrant portugais au Canada est Pedro da Silva, arrivé de Lisbonne en 1677 afin d’être le premier maître des postes en Nouvelle-France.  Il s’assurait donc du service postal entre Québec et Montréal.  Malgré qu’il ait eu 15 enfants, ce n’est qu’au milieu du 20ème siècle qu’on peut véritablement parler d’une communauté portugaise à Montréal.  En effet, 1953 «est considérée comme une année charnière de l’immigration portugaise au Canada.  Devant une pénurie de main-d’œuvre dans les secteurs agricoles, forestier et ferroviaire, le gouvernement du Canada recrute alors des Portugais pour combler ses besoins.»1  Débarquent alors 555 Portugais, des hommes ayant, pour la plupart, laissé femmes et enfants derrière.  Ce ne fut pas très long qu’ils laissèrent les emplois que leur avait prévu le Ministère du Travail afin de trouver de meilleures conditions en ville, notamment à Montréal, et y faire venir leurs familles.  Ils profitent alors du fait que le quartier Saint-Louis-du-Mile-End est à ce moment abandonné par les ethnies plus anciennes, qui se dirigent vers la banlieue, afin d’en prendre possession de façon très rapide.  La première entreprise portugaise du quartier verra le jour en décembre 1956.  Il s’agit d’une épicerie située sur la rue de Bullion.

La décennie suivante verra la communauté luso-montréalaise prendre véritablement son envol.  Parmi leurs points marquants des années ’60, notons la naissance du journal A Voz de Portugal en 1961, journal toujours distribué aujourd’hui dans la région de Montréal, mais aussi dans le reste du Canada, aux États-Unis et même au Portugal.  Verra également le jour la Caisse d’économie portugaise de Montréal (4244 boulevard Saint-Laurent), créée pour faciliter l’accès aux prêts pour les Portugais.  En 1964, le diocèse de Montréal cède à la communauté portugaise un édifice qui deviendra l’église de la Mission Santa Cruz, toujours située au 60 rue Rachel Ouest.  D’ailleurs, si vous voulez la visiter, je vous suggère de ne pas y aller un dimanche midi.  C’est rare de voir une église «sold out» de nos jours, mais c’est bien le cas ici.

Dans les années ’70, on compte environ 10 000 Portugais à Montréal.  Ayant dorénavant plus de moyens, ils commencent à se déplacer vers les quartiers de Côte-des-Neiges, Saint-Michel, Rosemont et Villeray, de même que vers Anjou, Brossard et Laval.  Ils demeurent tout de même très attachés au quartier Saint-Louis qui leur a permis de bien s’établir dans leur pays d’adoption.

Aujourd’hui, bien que l’immigration portugaise à Montréal soit presqu’au point mort, la communauté luso-montréalaise compte quelques 46 000 personnes.  Ils s’impliquent d’ailleurs beaucoup dans le monde des affaires.  Le site Portugal em Montreal (www.galo.ca) répertorie actuellement plus de 450 entreprises portugaises à Montréal.  Que vous cherchiez un banquier, un détective, un encadreur, un plombier ou un tailleur portugais (et de nombreux autres aussi!), c’est le site à consulter.

Maintenant, où aller afin de vivre le Portugal dans la métropole québécoise?  Obrigado à Ana Carvalho, 29 ans, dont les parents sont arrivés du Portugal il y a 38 ans, qui m’a permis de découvrir plusieurs de ces endroits.

On ne peut, tout d’abord, pas passer à côté des restaurants portugais.  Selon le site www.restomontreal.ca, il y en aurait 51 dans la région montréalaise.  En cherchant sur Internet, celui ayant le plus de visibilité est Chez le Portugais (4134 boulevard Saint-Laurent).  Ce n’est pas le meilleur, par contre.  Je vous dirigerais plutôt vers le restaurant Le Grill Barroso.  Spécialisé dans les grillades portugaises sur charbon de bois, il compte quatre adresses : 1480 rue Ontario Est, 8670 rue Sherbrooke Est, 403 rue Notre-Dame Est à Repentigny et 3060 boulevard Saint-Joseph à Lachine.  Allez-y pour votre anniversaire et vous aurez droit à une belle surprise!

Vous voulez être plus «in»?  Allez du côté du Portus Calle (4281 boulevard Saint-Laurent), de la chef Helena Loureiro, ou de l’incontournable Ferreira Café (1446 rue Peel), propriété de Carlos Ferreira.  Tout aussi « in », mais plus abordable, le restaurant Douro (6518 boulevard Saint-Laurent) vaut le détour.  Vous devez absolument goûter à leur pieuvre grillée.  Avez un verre de vinho verde, c’est un vrai régal!

Qui dit restos portugais, dit poulet portugais.  Ce serait, selon plusieurs, le meilleur poulet à Montréal.  Mais où se trouve le meilleur du meilleur?  Ici, les opinions divergent.  Plusieurs ne jurent que par la Rôtisserie Portugalia, située au 34 rue Rachel Ouest, tandis que la file qui se forme à tous les jours devant le Piri-Piri (rue Masson, au coin de la 8ème Avenue) nous porte à croire que ce serait de ce côté qu’on le trouve.  Et il y a plusieurs autres aspirants au titre!  Va falloir tous les essayer, une tache colossale!

Après avoir bien mangé, allez prendre un verre au bar Scoop (200, avenue Mont-Royal Est).  Vous y trouverez toujours une poignée d’habitués devant un match de foot portugais.  Vous vous laisserez sûrement aussi tenté par une petite partie de billard ou de « baby-foot ».

Si vous voulez apporter un peu du Portugal à la maison, passez faire quelques achats à l’épicerie La Vieille Europe (3855 boulevard Saint-Laurent).  Comme son nom l’indique, vous y trouverez des produits de partout sur le continent européen, mais c’est l’endroit idéal pour vous procurez de savoureux produits portugais tels que fromages, olives, chouriço, sardines et autres.

Mais pour une immersion totale dans la communauté portugaise, prenez part aux fêtes organisées sur le terrain et à l’intérieur de l’église Mission Santa Cruz de mai à août.  Les deux plus populaires sont la Fête du Santo Cristo (troisième fin de semaine de mai) et la Nossa Senhora do Monte (deuxième week-end du mois d’août).  Sur place, vous y trouverez spectacles, musique, danse et nourriture de toutes sortes.

Sur ce, até a proxima et l’on se retrouve le mois prochain pour découvrir la culture d’origine de Montréal : le Montréal autochtone.

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À propos de Les Justiciers urbains

Un jour, à la suite d’un projet mésadapté pour nore quartier, nous, les Justiciers urbains, avons été frappés par le devoir d’accomplir le destin qui nous unissait. Cette union nous a confié des turbos pouvoirs : lucidité et «exécutivité» hors du commun, capacité de faire triompher le bien du mal (uniquement dans des milieux citadins) ainsi que «sens de l’urbain» les avertissant des dangers imminents. Les Justiciers urbains aiment leur ville plus que tout. C’est pourquoi nous nous intéressons à l’ensemble des questions et enjeux concernant Montréal et sa région. Nous prenons position et faisons valoir nos idées face aux enjeux d’actualité. Nous produisons des éditoriaux, rédigeons des mémoires et participons à des consultations publiques avec pour mission de servir le bien commun de Montréal et de ses citoyens.

Publié le 10 mai 2012, dans Justicier reporter. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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