Londres à Montréal

Dans un peu plus de trois mois, du 27 juillet au 12 août, auront lieu les Jeux de la 30ème Olympiade d’été, dans la capitale de l’Angleterre, Londres.  Le moment est donc idéal de découvrir ensemble une autre culture fondatrice de la métropole québécoise : le Montréal anglais.  Est-il possible de vivre les Jeux Olympiques d’ici, tout en ayant l’impression d’être là-bas?  Je dois vous avouer que ce n’est pas évident.  En effet, contrairement aux Libanais et aux Irlandais, que nous avons découverts ces derniers mois, les Anglais d’Angleterre se font plutôt discrets dans le paysage culturel montréalais et ce, malgré qu’il y ait près de 150 000 Montréalais d’origine anglaise.

 Il y a une raison historique à cela.  Comprenons que, depuis le 13 septembre 1759, jour de la bataille des plaines d’Abraham, les Anglais sont ici « chez eux », ce qui explique en partie cette moindre propension à cultiver leur distinction.  C’est donc plutôt dans les structures civiles (réseaux scolaires et médicaux, démocratie municipale, parlementarisme et système judiciaire) que le « modèle britannique » se fait sentir.

C’est surtout à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle que l’immigration anglaise se fait sentir à Montréal.  À l’époque, des succursales de grandes entreprises anglaises s’installent à Montréal, et leurs patrons se tournent vers l’Angleterre pour recruter leurs employés car ils hésitent à engager des francophones.  Une bonne partie de cette immigration s’établira dans le secteur Viauville (aujourd’hui Hochelaga-Maisonneuve), ce qui créera un véritable quartier anglais.  Cette immigration maintiendra un bon rythme jusqu’en 1976, année de la première élection du Parti Québécois.  Aujourd’hui, il y a donc peu d’endroits typiquement « anglais » à Montréal, mais il y en a tout de même quelques-uns.

Côté magasinage, en plus du Bramble House, vu dans ma précédente chronique, où vous pourrez trouver différents produits alimentaires et culturels anglais, vous devez absolument visiter le Nicholas Hoare Bookstore (1366, avenue Greene).  D’autant plus que cette magnifique librairie spécialisée en littérature et musique britannique doit malheureusement fermer ses portes le 31 juillet prochain.  Vous en profiterez pour saluer le chat Oscar, toujours sur les lieux.

Afin de manger anglais, il n’y a pas des dizaines d’endroits, mais il y en a quand même deux qui en valent la peine.  C’est bien connu, le plat traditionnel anglais par excellence est le fish n’ chips (ou « chippy », ou encore « chipper » en jargon anglais).  Inventé à Londres en 1860, vous trouverez le meilleur de Montréal au Brit & Chips (433, rue McGill et 5536, chemin de la Côte-des-Neiges).  Leur chef a pour but de capturer les meilleurs aspects du « chippy » traditionnel et d’y ajouter un style et une saveur pour lesquels Montréal est reconnu.

Pour un déjeuner traditionnel anglais, prenez la direction du pub Burgundy Lion (2496, rue Notre-Dame Ouest) dans la Petite-Bourgogne.  Pour l’expérience ultime, allez-y avec le Full Monty : deux œufs, saucisse, bacon, jambon, boudin noir, squeak (mélange de chou, oignons et purée de pomme de terre), kippers (hareng), pain doré aux crumpets, rôti de bœuf, champignons, fèves au lard et tomate frite.  Si vous n’avez pas l’appétit d’un ogre, laissez-vous tenter par les Butler’s Muffins n’ Marmalade : deux muffins anglais avec marmelade à l’orange et confiture maison.  Délicieux!  Le « Lion de Bourgogne » est également tout indiqué pour prendre une bière, jouer une partie de dards ou assister à un match de foot anglais en direct.  Vous y êtes spécialement invités du 22 au 24 avril prochain afin de célébrer la fête de St-George (fête nationale anglaise).  Il y aura des prix de présence à tous les jours et, spécialement le 24, tournoi de fléchettes, cricket et soccer dans le parc et leur fameux « sacrifice du Dragon ».  Le groupe The Bators y sera également en spectacle à 21 heures.

Une tradition toute anglaise est l’Afternoon Tea.  Inventé au milieu du 19ème siècle par Anna Maria Stanhope, septième duchesse de Bedford, une des dames d’honneur de la Reine Victoria, il s’agit d’un goûter servi avec le thé en fin d’après-midi, habituellement dans un tea room ou un salon de thé.  À Montréal, vous pouvez vivre l’expérience au restaurant Le Montréalais, dans l’hôtel Queen Elizabeth (900, boulevard René-Lévesque Ouest).  Pour 25$, vous aurez droit au thé à volonté, ainsi qu’à un très bel assortiment de mini-sandwiches, scones, pâtisseries et chocolats.  Si possible, demandez à être servi par Marc-Antoine.  Il se fera un plaisir de vous en apprendre plus sur la tradition de l’heure du thé et sur les thés eux-mêmes.  S’il n’y a pas trop de monde, parlez-lui de voyage, c’est un passionné.

La coutume peut également être vécue au Birks Café (1240, square Phillips), propriété du chef Jérôme Ferrer et de Francis Reddy.  Aux deux endroits, il est préférable de réserver votre place au moins 24 heures à l’avance.

Comme vous commencez à le voir dans mes articles, les églises sont un des endroits importants pour les communautés culturelles de Montréal.  La communauté anglaise, de son côté, fréquente en majorité les églises épiscopales.  Il y en a 33 à Montréal et la plus connue est la cathédrale Christ Church (1444, avenue Union), située au-dessus des Promenades de la Cathédrale.  Visitez-la un dimanche à 13 heures et vous pourrez y assister à un concert de musique de chambre offert gratuitement par les étudiants en musique de l’Université McGill.  Une autre qui mérite d’être vue est la plus ancienne de l’île, la St. Stephen’s Anglican Church (25, 12ème Avenue, Lachine).  Bâtie en 1831, on y retrouve également un petit cimetière où reposent certaines des premières familles anglaises de Montréal : Randle, Hawkins, Costello, Wright et autres.  Les plus vieilles pierres tombales datent des années 1840 et le cimetière nous rappelle les cimetières historiques que l’on retrouve au centre-ville de Boston.

Côté événement, si vous aimez les vieilles anglaises (les voitures, entendons-nous bien), vous devrez sortir un peu de la ville afin d’assister au Hudson British Car Show le 27 mai prochain, au parc St-Thomas, sur la rue Main à Hudson.  Et si vous tombez en amour avec l’une d’elles et que vous décidez d’en faire l’acquisition, Brittanicar (260, rue Victoria, Lachine) est la place où aller pour l’entretien et la réparation de tous véhicules britanniques : Morgan, Triumph, Jaguar, Rolls ou Mini Austin.

En terminant, les JU aimeraient souhaiter bonne chance aux athlètes montréalais qui participeront aux Jeux de Londres.  Sur le lot, mentionnons, entre autres, Émilie Fournel (canoë-kayak), Alexandre Despatie, Jennifel Abel et Meaghan Benfeito (plongeon), Éric Lamaze (sports équestres), Sandra Sassine et Philippe Beaudry (escrime), Frazer Will, Catherine Roberge et Amy Cotton (judo), Tyler Bjorn (voile), Marie-Pier Boudreau-Gagnon (natation synchronisée), Karine Sergerie (taekwondo), Aleksandra Wozniak (tennis), Krystina Alogbo, Emily Csikas et Rachel Riddell (water-polo), Marilou Dozois-Prévost (haltérophilie) et Martine Dugrenier (lutte).

Sur ce, bonne fête nationale à l’avance à tous les Montréalais d’origine anglaise et l’on se retrouve le mois prochain, à la veille de la fête du Santo Cristo, afin de découvrir ensemble le Montréal portugais.

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À propos de Les Justiciers urbains

Un jour, à la suite d’un projet mésadapté pour nore quartier, nous, les Justiciers urbains, avons été frappés par le devoir d’accomplir le destin qui nous unissait. Cette union nous a confié des turbos pouvoirs : lucidité et «exécutivité» hors du commun, capacité de faire triompher le bien du mal (uniquement dans des milieux citadins) ainsi que «sens de l’urbain» les avertissant des dangers imminents. Les Justiciers urbains aiment leur ville plus que tout. C’est pourquoi nous nous intéressons à l’ensemble des questions et enjeux concernant Montréal et sa région. Nous prenons position et faisons valoir nos idées face aux enjeux d’actualité. Nous produisons des éditoriaux, rédigeons des mémoires et participons à des consultations publiques avec pour mission de servir le bien commun de Montréal et de ses citoyens.

Publié le 12 avril 2012, dans Justicier reporter. Bookmarquez ce permalien. 5 Commentaires.

  1. L’afternoon tea du Gryphon sur Monkland est plus authentique que celui du café Birks, l’environnement moins imposant que celui du Montréalais. Réservation obligatoire, fraîcheur assurée, atmosphère chaleureuse.

  2. Merci Kris pour la suggestion. Il me fera plaisir d’aller voir ça.

  3. Petite correction (merci au site Montreal City Weblog): un « chippy » n’est pas un plat de fish n’ chip, mais bien le restaurant qui en fait sa spécialité.

  1. Pingback: Retour sur le passé – avril 2012 « Les Justiciers urbains

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