Transformer la ville une rive à la fois

Montréal est en liesse alors que c’est jour de grande première.  C’est avec un grand plaisir que nous vous présentons le premier texte de notre tout nouveau correspondant à l’étranger qui nous entretiendra sur une base mensuelle des enjeux qui touchent une contrée lointaine … Québec!

Originaire d’Alma au Lac-St-Jean, ancien Montréalais et nouvel habitant d’une ville que nous nommerons ici… Québec!, François se donne présentement corps et âme dans la réalisation d’une double maîtrise en design urbain et en aménagement du territoire. Vivant de roman et d’écriture, il réussit depuis deux ans un « projet d’écriture créative » qui a pour seul but d’écrire 50 000 mots en un mois. Captivé par le design des villes et les voyages, c’était écrit dans le ciel que François se joindrait un jour aux Justiciers urbains. C’est donc à titre de correspondant l’étranger qu’il fera vibrer, par ses textes, votre fibre québécoise.

Bienvenue à bord François!

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Il m’est impossible de passer sous silence les effets que le problème de l’étalement urbain a sur l’efficacité du réseau de transport en commun de l’agglomération de Québec. En effet, la population est répartie sur une si grande étendue de territoire et sa densité est si faible qu’il est très difficile d’offrir un service à la hauteur des attentes des citoyens.

Tout comme à Montréal, cet étalement urbain se rend jusque sur l’autre rive du fleuve Saint-Laurent, à Lévis, prenant son envol à partir de là pour essaimer jusque dans les plus profonds recoins de la Beauce (j’exagère à peine). Mais à Québec, la quantité de ponts reliant les deux rives est plutôt limitée, il n’y a que le pont Pierre-Laporte qui constitue une option sérieuse pour faire ce trajet, ce qui cause bien sûr des problèmes de circulation aux heures de pointe.

Il existe tout de même une autre solution pour les gens désirant se déplacer de la Rive-Sud vers la Rive-Nord : c’est la Traverse Québec-Lévis. Un service de transport en commun pour les voitures et piétons composé de deux traversiers qui font la navette entre les deux rives. Cette desserte existe depuis aussi loin que 1776 (sa version moderne, sous l’égide de la Société des Traversiers du Québec, depuis 1971) et remplit actuellement assez bien son rôle de lien maritime entre les rives. Mais la plupart des automobilistes choisissent quand même d’emprunter le pont pour effectuer la traversée du fleuve. C’est pourquoi je ne parlerai pas de la traversée du fleuve par les automobilistes, mais plutôt de celle faite par les usagers des transports actifs (vélos, marche, etc.). En effet, je crois fermement que l’atout de ce moyen de connecter les rives réside dans les possibilités qu’il offre au niveau de ces types de déplacement.

Tout d’abord, parce que les quais d’embarquement sont situés dans des zones très propices à ces types de déplacement. Sur la Rive-Nord, il est situé tout près du Petit-Champlain, du Vieux-Port, du Vieux-Québec et sur la Rive-Sud, tout près du Vieux-Lévis. Ces deux milieux sont particulièrement denses, avec des ilots assez petits, propices à la marche et où les commerces sont omniprésents. Sur la Rive-Sud, les abords immédiats du quai d’embarquement seraient nettement à retravailler, et ce au plus vite. Mais il y a quand même une certaine volonté de la part de la Société des Traversiers du Québec et de la Ville de Québec de remédier à cette situation comme le démontre la Charrette de la Traverse dont les gagnants ont été dévoilés le 1er décembre 2011.

Pour matérialiser cet atout, il y a une solution que je trouve assez intéressante et qui serait assez simple à mettre en place. L’ajout de traversiers réservés aux usagers des transports actifs. Ces traversiers pourraient être de plus petite taille et faire la navette à des intervalles plus rapprochés et donc rendre plus attrayant le choix de ce mode de transport qui peut impliquer une attente assez importante (30 minutes dans le pire des cas) et offre une flexibilité peu intéressante. Avec un service de ce type, il serait aussi plus facile de gérer la demande, les bateaux étant de plus petites tailles, ils impliqueraient donc des coûts d’acquisition et d’opération beaucoup moins importants. Il serait donc plus facile de moduler l’offre de bateaux selon la demande des différentes saisons, événements, etc.

Ce service serait aussi un excellent véhicule pour la promotion du tourisme, qui est un moteur de l’économie locale, particulièrement celui de Lévis. Comme les touristes visitant Québec se retrouvent en majorité autour du Chateau Frontenac, du Vieux-Port et du Petit-Champlain, il serait tout à fait profitable de retravailler les liens de ces lieux avec le quai du traversier afin d’attirer les touristes sur l’autre rive. Un premier argument pour aller sur l’autre rive est le point de vue stupéfiant que cela donne sur la vieille ville de Québec et sur le Chateau Frontenac perché sur son pic rocheux. Ensuite, un projet de réaménagement des abords du quai du traversier pourrait intégrer le patrimoine maritime du lieu que sont les vestiges du chantier naval A.C. Davie tout en gardant en tête le besoin d’un lien avec le coeur historique du Vieux-Lévis et ces différentes composantes comme les Terrasses, la bibliothèque Pierre-Georges-Roy, etc. Ce projet devrait aussi tenir compte de la piste cyclable qui longe le fleuve Saint-Laurent à cet endroit. Elle a une portée régionale puisqu’elle fait partie du réseau de la Route Verte et relie à cet endroit la Beauce en allant vers le sud et le Bas-Saint-Laurent en allant vers le nord.

Ce n’est qu’un début de réflexion, mais il n’en faut pas beaucoup plus pour la faire fleurir en une multitude de beaux projets pour transformer l’espace urbain à notre image. Et qu’en est-il de Montréal ? Un service de traversier pour compléter le pont Champlain? Pour le remplacer? Une chose est sure, il faut diversifier l’offre de transport.

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À propos de Les Justiciers urbains

Un jour, à la suite d’un projet mésadapté pour nore quartier, nous, les Justiciers urbains, avons été frappés par le devoir d’accomplir le destin qui nous unissait. Cette union nous a confié des turbos pouvoirs : lucidité et «exécutivité» hors du commun, capacité de faire triompher le bien du mal (uniquement dans des milieux citadins) ainsi que «sens de l’urbain» les avertissant des dangers imminents. Les Justiciers urbains aiment leur ville plus que tout. C’est pourquoi nous nous intéressons à l’ensemble des questions et enjeux concernant Montréal et sa région. Nous prenons position et faisons valoir nos idées face aux enjeux d’actualité. Nous produisons des éditoriaux, rédigeons des mémoires et participons à des consultations publiques avec pour mission de servir le bien commun de Montréal et de ses citoyens.

Publié le 22 mars 2012, dans Correspondant à l’étranger. Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

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