Centraliser ou décentraliser, là est la question…

Plusieurs villes d’Amérique de Nord se sont développées à partir d’un modèle d’urbanisme décentralisé alors que d’autres, comme Montréal, se sont plutôt développées autour d’un centre fort. Les premières ont connu leur essor à l’ère de l’automobile ce qui a permis une décentralisation massive des activités. À l’inverse, les secondes ont été fondées avant l’avènement de la voiture, ce qui leur confère un cadre bâti plus dense. À l’heure ou certains, exacerbés par les problèmes de transport a Montréal, revendiquent plus de transport collectif vers le centre et que d’autres proposent comme solution une décentralisation des activités, les Justiciers urbains vous expose en quelques lignes les deux modèles de développement.

Décentraliser…

Une agglomération décentralisée connaît moins de problèmes de congestion puisque les pôles d’emplois et de services sont répartis sur le territoire. Cela implique une densité plus faible ce qui rend toute desserte par un système de transport collectif efficace pratiquement impossible. De plus, ce modèle n’est fonctionnel que si un réseau d’autoroutes élaboré relie les différents pôles les uns avec les autres. Les résidents de ces régions sont, par conséquent, dépendants de leur véhicule pour leurs déplacements. La congestion est plus diffuse, mais la circulation automobile globale reste plus élevée. Il s’agit d’un modèle pensé et développé pour l’automobile qui cadre difficilement avec les principes du développement durable.

Centraliser…

En plus de nécessiter moins d’infrastructures routières, de consommer moins d’espace et de permettre la mise en place d’un service de transport collectif efficace dans les quartiers centraux et minimal dans les couronnes, les villes centralisées présentent un forme de développement plus durable. Les banlieues qui se sont développées autour des centres urbains ne sont pas comparables aux pôles de services d’une agglomération décentralisée. Ces banlieues se sont développées grâce à leur proximité de la ville centre et sont dépendantes des services et des emplois qu’elle génère.

Décentraliser une ville comme Montréal (ou toute autre ville centralisée) aurait pour conséquence de favoriser l’étalement, d’accélérer l’usure des infrastructures routières, de créer de la demande pour de nouvelles infrastructures de toute sorte, d’augmenter le parc automobile, d’augmenter et les émissions de gaz à effet de serre  et d’accélérer la perte d’espaces verts et de terres agricoles. De plus, cela reviendrait à abandonner un centre déjà efficace, dense et possède un bon potentiel de développement grâce aux infrastructures existantes.

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À propos de Les Justiciers urbains

Un jour, à la suite d’un projet mésadapté pour nore quartier, nous, les Justiciers urbains, avons été frappés par le devoir d’accomplir le destin qui nous unissait. Cette union nous a confié des turbos pouvoirs : lucidité et «exécutivité» hors du commun, capacité de faire triompher le bien du mal (uniquement dans des milieux citadins) ainsi que «sens de l’urbain» les avertissant des dangers imminents. Les Justiciers urbains aiment leur ville plus que tout. C’est pourquoi nous nous intéressons à l’ensemble des questions et enjeux concernant Montréal et sa région. Nous prenons position et faisons valoir nos idées face aux enjeux d’actualité. Nous produisons des éditoriaux, rédigeons des mémoires et participons à des consultations publiques avec pour mission de servir le bien commun de Montréal et de ses citoyens.

Publié le 18 janvier 2012, dans Didactiquement vôtre. Bookmarquez ce permalien. 4 Commentaires.

  1. Oui à l’aménagement centralisé mais aussi à la mixité des quartiers centraux et périphériques. Mais là ou le défi est grand c’est la gouvernance décentralisée des services de premières lignes tout en gardant une cohérence et une cohésion sur l’ensemble du territoire de la ville centralisée.

  2. Faux débat. Ou débat théorique. Le modèle doit permettre à l’agglomération de se mettre en mouvement. La décentralisation n’a rien amené qui vaille sur le plan des grands projets mais plusieurs « villages urbains » sont parvenus à développer leur signature avec la décentralisation. Un des problèmes à Montréal, est qu’il y a des poches de pauvreté tel que ni la centralisation ni la décentralisation semblerait aider. Evidemment dans ce cas, la centralisation récolte peu d’appui (on s’entend que Montréal soit décentralisée…). La centralisation d’autrefois a généré des monstruosité…

    Il faut planter le débat dans la situation actuelle: Montréal doit retrouver une fierté… la culture c’est une chose mais il y a tant à faire. Montréal doit se doter d’équipement collectifs d’envergure. Montréal doit être plus fonctionnel, c’est un bordel s’y rendre, en sortir ou la traverser. Une coupe Stanley ce serait bien mais Gomez n’a pas scoré depuis février 2011.

    Dans ma boule de crystal, je vois le retour à l’avant-plan de régions métropolitaines de taille moyennes (entre 1 et 4 millions environ) pour leur capacité à satisfaire tant les aspirations professionnelles que personnelles et sociales de ses habitants. Bref, pour la qualité de vie, je pense que les grandes villes perdront en attractivité. C’est dans ce créneau que Montréal doit jouer, et pour y être compétitive, je pense qu’il faut une image plus forte, une direction plus claire… Montréal est aussi victime du système municipal du Québec, qui n’a pas été pensé par des « métropolitains » ni pour des « métropolitaines »… C’est pas les attraits d’un bout de quartier qui va attirer les talents (ou les garder), mais les attraits régionaux… Essayons donc de penser grand et de se donner les moyens !

    • Merci pour ce commentaire très intéressant.

      Débat théorique en effet. C’est pour cette raison que ce texte a été classé dans notre toute nouvelle section «didactiquement vôtre» et non «comme un édio de la semaine» (ploguer notre nouvelle section : check).

      Nous sommes d’avis que Montréal est une ville centralisée à l’échelle de l’Amérique du Nord. Son centre-ville est de loin le principal pôle économique de la région, la ville centrale est habitée, très peu de «technoburbs» se sont développés en périphérie et sont étalement, quoiqu’alarmant, reste modeste comparativement à plusieurs métropoles Nord-américaines.

      Pour ce qui est de réhabiliter la fierté de Montréal les Justiciers urbains sont tout à fait d’accord! Montréal a besoin de projets porteurs et d’équipements d’envergures afin de se positionner comme une métropole dynamique et intéressante à l’échelle international. Cela dit, il ne faut pas négliger les «attraits de quartiers». Ceux-ci rendent la vie plus agréable aux résidents de la ville. Une ville qui n’offre pas de milieu de vie intéressant n’est pas habitée, n’a pas d’âme et aucun projet majeurs ne pourra y changer quelque chose. Projets d’envergures et amélioration de la qualité de vie dans les quartiers vont de pair.

      En ce qui concerne le mode municipal Québécois, une révision en profondeur est effectivement nécessaire (surtout en ce qui concerne la fiscalité!). Voir l’édito des Justiciers à ce sujet :

      https://lesjusticiersurbains.wordpress.com/2011/07/11/edito-de-la-semaine-fournir-aux-villes-les-moyens-de-leurs-ambitions/

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