Le 7400 St-Laurent, un an plus tard…

À la fin 2010, les Justiciers urbains ont déposé un mémoire dans le cadre des consultations tenues par l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) au sujet du projet du 7400 St-Laurent[1]. Ce projet vise à reconvertir l’immeuble historique en condos et d’utiliser les terrains adjacents pour ajouter trois phases supplémentaires au complexe d’habitations.  Le concept originalement proposé par le promoteur devait compter 302 unités de logement. Or, un an plus tard, le projet a pris sont envol et les ventes ont poussé les responsables à ajouter deux étages à l’une des phases en construction pour porter le nombre total de condos à 335. Cette nouvelle, à priori banale, nous réjouit alors qu’elle va dans le sens de la principale recommandation que nous avions soumise à l’attention de l’OCPM.      

Rappelons tout d’abord que nous étions et sommes toujours d’avis que le projet du 7400 St-Laurent est intéressant pour l’arrondissement. Celui-ci permet de densifier et de structurer le secteur tout en préservant l’intégrité architecturale d’un bâtiment possédant une valeur patrimoniale indéniable. Malgré cela, le projet original présentait une lacune majeure en regard à l’offre de stationnement. En effet, le promoteur prévoyait 300 cases pour les 302 condos prévus, soit pratiquement un stationnement par unité. Considérant l’excellente offre de transport collectif et le très faible niveau de motorisation qui caractérisent l’arrondissement, nous recommandions de réduire le nombre d’espaces de stationnement disponibles.  En s’inspirant de projets similaires dans des quartiers bien desservis en transport collectif, nous proposions un ratio de stationnement variant entre 0,50 et 0,66 par unité de logement.

Au cours de l’année 2011, le promoteur a pris la décision d’augmenter le nombre d’unités de condo sans pour autant changer la quantité de cases de stationnement.  L’ajout de 33 condos a eu pour effet de faire passer le ratio stationnement/logement de 0,99 à 0,90. Même si ce dernier demeure élevé, nous croyons qu’il s’agit d’une excellente décision qui offre un projet plus durable et mieux adapté à la réalité du secteur.

Or, il s’avère que plusieurs sont d’avis que le promoteur devrait offrir au moins une case de stationnement par logement afin, entre autres, d’attirer plus de familles. Nous sommes évidemment en faveur du maintien et du retour des familles à Montréal, mais nous ne croyons pas que la logique du «un stationnement par logement» soit une solution. Plus de 70% des unités du 7400 St-Laurent compterons une ou deux chambres ce qui seront principalement occupés par des couples ou des personnes seules. Ces ménages sont plus flexibles face à la possession d’une automobile, contrairement aux ménages avec enfants. Le projet Quartier 54 dans Rosemont a pour sa part opté pour une approche beaucoup plus porteuse qui devrait servir d’exemple. En effet, la possibilité de se procurer un espace de stationnement est uniquement offerte aux acheteurs de logements de deux chambres et plus ce qui permet de conserver un ratio stationnement/logement d’environ 0,50. 

En plus d’avoir un impact négatif sur le taux de motorisation d’un secteur et d’encourager l’utilisation de l’automobile les ratios de stationnement trop élevés vont à l’encontre de l’esprit du plan de transport de Montréal. Celui-ci propose de «gérer le stationnement comme un outil stratégique de réduction de l’utilisation de l’automobile»[2], notamment en revoyant «la réglementation d’urbanisme afin d’imposer des seuils maximums quant au nombre de places de stationnement»[3].

Nous sommes en faveur d’une gestion du stationnement raisonnable et adaptée à la réalité des différents quartiers. Cela dit, afin d’atteindre les objectifs de réduction des GES et de créer des quartiers agréables, dynamiques et à échelle humaine, une «gestion raisonnable» doit favoriser l’usage des transports collectifs et actifs. Pour ce faire, limiter l’espace destiné à l’usage de la voiture individuelle est un outil qui nous paraît incontournable. 

 


 

[1] Mémoire des Justiciers urbains disponible au http://bit.ly/tWYJFG

[2] Ville de Montréal. 2008. Plan de transport de Montréal 2008, p. 55

[3] Ibid., p. 20 

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À propos de Les Justiciers urbains

Un jour, à la suite d’un projet mésadapté pour nore quartier, nous, les Justiciers urbains, avons été frappés par le devoir d’accomplir le destin qui nous unissait. Cette union nous a confié des turbos pouvoirs : lucidité et «exécutivité» hors du commun, capacité de faire triompher le bien du mal (uniquement dans des milieux citadins) ainsi que «sens de l’urbain» les avertissant des dangers imminents. Les Justiciers urbains aiment leur ville plus que tout. C’est pourquoi nous nous intéressons à l’ensemble des questions et enjeux concernant Montréal et sa région. Nous prenons position et faisons valoir nos idées face aux enjeux d’actualité. Nous produisons des éditoriaux, rédigeons des mémoires et participons à des consultations publiques avec pour mission de servir le bien commun de Montréal et de ses citoyens.

Publié le 11 janvier 2012, dans Édito de la semaine. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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