Montréal ville bruyante?

Ce texte fait suite à une question posée par Benoît via courriel : «Vous préoccupez vous de ce qui devient un des pires problèmes de pollution dans les grandes villes, soit le bruit excessif ?»

Avec ses bars, ses restaurants, ses travaux et ses grands événements, Montréal est souvent taxée d’être une ville bruyante.  Il s’agit d’une critique assez rependue tant chez ses résidents que ceux qui se sont installés en périphérie à la recherche d’espace et de quiétude.  Les autorités municipales doivent-elles intervenir de façon plus agressive pour réduire le bruit ambiant?  Cette question, pourtant banale, n’est pas si simple qu’elle en a l’air car la tolérance au bruit est quelque chose de fondamentalement personnel.  Analysons froidement la situation.

Depuis le début de l’année 2011, Montréal a délégué aux arrondissements la responsabilité de faire respecter les normes liées au bruit.  Les arrondissements doivent donc s’équiper et former de la main-d’œuvre qui sera en mesure de faire respecter la réglementation.  Il est trop tôt pour tirer des conclusions, mais une approche locale de la gestion du bruit semble particulièrement porteuse.  En effet, elle permettra aux élus d’arrondissement d’adapter la réglementation à la  nature même du secteur, des gens qui y résident, des activités commerciales, etc.

Même si la réglementation municipale reste essentielle, la responsabilité citoyenne l’est tout autant, sinon plus quand il en vient au bruit.  En effet, la majorité des plaintes origine de conflits entre résidents d’un même secteur. Le problème du bruit en ville est donc beaucoup plus une question de civisme qu’une question de night life ou de grands événements comme on le pense souvent.

La vie nocturne et les événements sont une particularité importante de Montréal.  Des ajustements sont possibles, mais il faut protéger l’industrie des arts, des spectacles et du divertissement en général. Par exemple, les organisateurs des grands événements au Parc Jean-Drapeau pourraient mettre en place de mesure pour absorber les vibrations et le son afin de réduire les inconvénients pour les citoyens de St-Lambert.  Pour ce qui est des événements de quartiers il serait important d’informer la population à l’avance et de clore les spectacles ou fêtes à des heures raisonnables.  En ce qui concerne le Quartier des spectacles, il  faut être conséquent alors que sa vocation est de tenir des grands rassemblements qui sont, par définition, bruyants.

Certains, comme l’Association des Sociétés de développement commercial de Montréal, proposent l’adoption d’une charte de vie nocturne comme celle de Lyon.  Une telle charte offrirait des principes de base qui pourraient s’avérer fort utiles dans la résolution des conflits entre des résidents et un bar de quartier par exemple.  Les citoyens ont également une responsabilité.  Il ne faut pas se surprendre du bruit si on s’installe près d’une autoroute, d’un bar ou au-dessus d’un restaurant.

La densité offre une foule d’avantages aux Montréalais, mais elle implique également d’accepter d’être exposé à un minimum de bruit.  Il y a des bruits essentiels, comme les travaux routiers ou les sirènes d’un véhicule d’urgence,  mais aussi des bruits qui le sont moins comme les cris des fêtards ou la musique excessive en provenance d’une voiture.  La réduction des «bruits inutiles» passe par une augmentation du civisme et des campagnes de sensibilisation bien plus que par un resserrement de la réglementation. À plusieurs égards, la réduction du bruit est plus une responsabilité personnelle qu’une responsabilité municipale.

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À propos de Les Justiciers urbains

Un jour, à la suite d’un projet mésadapté pour nore quartier, nous, les Justiciers urbains, avons été frappés par le devoir d’accomplir le destin qui nous unissait. Cette union nous a confié des turbos pouvoirs : lucidité et «exécutivité» hors du commun, capacité de faire triompher le bien du mal (uniquement dans des milieux citadins) ainsi que «sens de l’urbain» les avertissant des dangers imminents. Les Justiciers urbains aiment leur ville plus que tout. C’est pourquoi nous nous intéressons à l’ensemble des questions et enjeux concernant Montréal et sa région. Nous prenons position et faisons valoir nos idées face aux enjeux d’actualité. Nous produisons des éditoriaux, rédigeons des mémoires et participons à des consultations publiques avec pour mission de servir le bien commun de Montréal et de ses citoyens.

Publié le 2 novembre 2011, dans Réponse à un fan en délire!. Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. « Les arrondissements doivent donc s’équiper et former de la main-d’œuvre qui sera en mesure de faire respecter la réglementation. Il est trop tôt pour tirer des conclusions, mais une approche locale de la gestion du bruit semble particulièrement porteuse. En effet, elle permettra aux élus d’arrondissement d’adapter la réglementation à la nature même du secteur, des gens qui y résident, des activités commerciales, etc. »

    Bien au contraire !
    Les inspecteurs qui travaillaient autrefois sur les problématiques de bruit étaient des « spécialistes » et les arrondissements pouvaient leur faire appel selon les besoins.

    Maintenant, les arrondissements doivent « former » les inspecteurs qui s’occuperont notamment du bruit. Notamment, parce que ceux-ci ont le bruit dans leurs responsabilités, au même titre que la salubrité, le déneigement, la collecte des déchets, les chiens, les chats, le respect des permis de construction, les occupations illégales, les contraventions au règlement d’urbanisme, etc. Aussi bien dire que le bruit est noyé dans une mer de responsabilité. Les arrondissements souffrent d’un manque criant d’inspecteur et ne parviennent pas à faire respecter des pans entiers de leurs règlement. Le bruit, dans ce contexte, est un fardeau qui vient souvent bien loin dans l’échelle des priorités.

    On constate déjà une perte d’expertise au sein de plusieurs arrondissement et la résultante est une asymétrie, entre les administrations locales, dans la capacité de répondre aux plaintes citoyens.

    Dans la situation budgétaire des arrondissements, cette décentralisation est complètement inopportune….

  2. Benoit St-Jean

    Merci pour la réponse intéressante,
    , mais qui passe à coté de l’objet spécifique de ma question (je suis le Benoit de la question).

    J’y mentionnais spécifiquement «la rue St-Denis, laquelle est en train de devenir une piste de rodeo pour cowboys à motos (notamment Harley) et autres bagnoles dont les proprios sont tout fiers de faire chier tout le monde avec des 100, 120 décibels et +. On se croirait retournés dans les  »belles » années des  »muscles cars » qui paradaient dans la grand rue (année 70) ».

    Je ne parlais pas du bruit qui vient de musique, spectacles et événements ponctuels qui enrichissent la vie culturelle (il y a un bar de musique caribéenne sous notre terrasse, et nous apprécions …) je parlais spécifiquement de ces motos et bagnoles dont les proprios se font un plaisir de faire vrombir les moteurs bien au dessus de 100db, ce qui n’apporte strictement rien d’autre que de faire chier les utilisateurs de la ville qui ont le malheur de se trouver sur leur chemin et de gonflé à bloc leur égo pcqu’ils trouvent que ca les rends importants … ( à noter que les citoyens de St-Lambert se sont plaint de bruit provenant des spectacles, d’au dessus de seulement 80db, et ont obtenus des actions de l’admin de Ville Marie),

    J’en ai déjà parlé à un policier qui était sur place, rue St-Denis, et il se disait très désolé de ne pouvoir rien faire mais il semble que les autorités ne veulent pas les équiper de sonomètres, ce qui est pourtant assez peu cher. C’est bien plus facile d’enregistrer un bruit excessif qu’une vitesse excessive !

    A ceci on pourrait ajouter une autre source de bruit très questionnable pour son «utilité». Après les motos, etc, les pires sources sont très souvent les véhicules de la ville elle même, dont on se pose des questions sur les services réels qu’ils rendent. Quand les affreux «madVac» passent sur les trottoirs en tassant dangereusement les piétons, ils laissent pas mal plus de bruit sur leur passage que de propreté derrière leur passage … (merci à Ville Marie qui a recommencer à utiliser des étudiants l’été ). Il y a bien d’autres exemples ainsi. A quand une Montréal leader dans l’utilisation des véhicules utilitaires électriques ?

    Merci à l’avance si jamais vous avez un réponse complémentaire.

    Benoit
    Un amoureux de ma ville

  3. @ abc : Commentaire intéressant. Il est évident qu’une réglementation sans ressource pour la faire respecter est très peu utile. Cela dit, vous ne pensez pas qu’une approche locale de la gestion du bruit peut présenter certains avantages comme d’adapter la réglementation à la nature même du secteur?

    @Benoît St-Jean : Dans notre texte la musique excessive, le bruit généré par les spectacles et ou les bars ne sont que des exemples pour illustrer notre propos. Selon nous, la même logique s’applique aux véhicules. Il est vrai que les policiers devraient avoir un minimum de moyens pour faire respecter la réglementation municipale. Cela dit, une réglementation pan québécoise plus sévère serait sans doute préférable pour contrôler le bruit émanant des véhicules.

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