Pour un modèle de développement cohérent, adapté et durable

Ce texte fait suite à une question posée par Marie-Michèle Nadon sur notre page Facebook :  «dans le Journal de Mourial de ce matin, on parle d’aménagement urbain et de la « mort imminente du bungalow ». En tant que maman qui apprécie grandement sa cour arrière qui permet à ses trois p’tits gars de se dégourdir les pattes à proximité et en toute sécurité, je me dis que cela pourrait pousser les familles avec des ambitions similaires à s’éloigner encore davantage de la ville à la recherche d’un gazon + vert en banlieue lointaine. qu’en pensent les JU?»

Réf : Le Journal de Montréal, 25 septembre 2011, http://lejournaldemontreal.canoe.ca/journaldemontreal/actualites/regional/montreal/archives/2011/09/20110925-083901.html

La question de Mme Nadon soulève une préoccupation tout à fait légitime alors qu’elle s’inquiète de la volonté de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) d’axer le développement sur des modèles d’aménagement plus denses que la maison unifamiliale classique. Cette situation créera-t-elle une pénurie d’habitations répondant aux besoins et à la volonté des familles de s’offrir un peu d’espace pour s’épanouir sans se piler sur les pieds?

Il est essentiel, tout d’abord, de démystifier la situation. Le Journal de Montréal titrait le week-end dernier «Le Bungalow menacé». Or, cette interprétation est on ne peut plus erronée. Loin d’être «en voie de disparition», le bungalow est une espèce en santé, qui s’est multipliée à un rythme alarmant au cours des dernières années faute de prédateurs.

De plus, comme souligne la CMM, le vieillissement de la population créera une demande croissante pour des habitations plus petites. Les personnes âgées quitteront les unifamiliales pour les condos ou les maisons de ville, laissant leur place aux jeunes familles (moins nombreuses). La «crise du bungalow» n’aura pas lieu, alors que les quartiers existants ne seront pas rasés pour ensuite être densifiés! Concrètement, cela signifie plus de multiplex à Montréal, de maisons de ville dans les premières couronnes et de semi-détachés dans les secteurs plus éloignés. Ces petits gestes, qui n’ont rien de drastique, auront un impact positif majeur à long terme sur la région.

L’idée n’est pas d’exterminer le mode de vie associé au bungalow, mais bien de varier les types d’habitations construites.  Plusieurs modèles de développement plus denses et tout aussi conviviaux existent pour les familles. Pensons aux maisons de ville, aux duplex et à certains multiplex qui offrent tous un espace intérieur assez grand et l’accès à un espace extérieur privé ou semi-privé. En plus d’offrir une qualité de vie intéressante pour plusieurs, ces types d’habitation nécessitent moins d’emprise sur le territoire, diminuant ainsi la nécessité de convertir encore plus de terres agricoles en milieux résidentiels.

L’opposition que démontrent plusieurs municipalités à ces changements est directement liée à des enjeux économiques légitimes. Comme les Justiciers urbains l’ont déjà mentionné, la fiscalité des villes est trop liée aux taxes foncières. Ainsi, le développement immobilier de masse est souvent la seule façon de remplir les coffres. La diversification des revenus des municipalités permettrait de mettre un terme à cette pression constante en faveur du développement.

À partir du moment où l’on reconnaît que le défrichage de terres agricoles doit cesser ou à tout le moins ralentir, nous reconnaissons qu’il est nécessaire d’adopter un modèle de développement  cohérent visant une utilisation plus durable du territoire. Diversifier les modèles de développement, en y intégrant davantage de densité, fait partie des actions qui  doivent être entreprises dès maintenant.

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À propos de Les Justiciers urbains

Un jour, à la suite d’un projet mésadapté pour nore quartier, nous, les Justiciers urbains, avons été frappés par le devoir d’accomplir le destin qui nous unissait. Cette union nous a confié des turbos pouvoirs : lucidité et «exécutivité» hors du commun, capacité de faire triompher le bien du mal (uniquement dans des milieux citadins) ainsi que «sens de l’urbain» les avertissant des dangers imminents. Les Justiciers urbains aiment leur ville plus que tout. C’est pourquoi nous nous intéressons à l’ensemble des questions et enjeux concernant Montréal et sa région. Nous prenons position et faisons valoir nos idées face aux enjeux d’actualité. Nous produisons des éditoriaux, rédigeons des mémoires et participons à des consultations publiques avec pour mission de servir le bien commun de Montréal et de ses citoyens.

Publié le 28 septembre 2011, dans Réponse à un fan en délire!. Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. défrichage de terres agricoles ?

  2. « Le défrichement consiste à mettre en culture des terres nouvelles, auparavant incultivables, par exemple des forêts »

  3. L’utilisation du terme défrichage dans ce contexte se veut une forme de néologisme ironique qui réfère au fait de «mettre en valeur (par l’urbanisation) des terres nouvelles, auparavant indisponibles pour la construction, par exemple des terres agricoles»… 😉

    Mais au-delà de son style rédactionnel particulier, le Justicier vert prend tout le blâme de cette coquille et est d’ailleurs retourné temporairement sur sa planète d’origine pour méditer là-dessus et parfaire son vocabulaire. Mille excuses.

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