La situation du transport à Montréal : agir maintenant

Le réseau de transport de Montréal est à un point tournant alors qu’une proportion importante de ses principaux axes routiers sont en fin de vie utile et devront faire l’objet de travaux majeurs au cours des prochaines années.  Anticipés avec appréhension par plusieurs, ces chantier doivent plutôt être perçus comme une opportunité historique de modifier le partage de la chaussée en intégrant les transports collectifs sur les principales artères de la région. Afin d’amorcer ce virage, des actions à court terme peuvent d’ores et déjà être prises.

Maintenir le réseau et mettre un frein au développement

Il ne fait aucun doute que le réseau routier actuel a besoin d’une cure de rajeunissement.  En investissant massivement dans le maintien du réseau, les autorités remettent à niveau des infrastructures qui ont fait l’objet d’un sous-investissement chronique au cours des dernières décennies.  La situation est telle que l’ensemble des sommes disponibles pour le réseau routier doit impérativement être destiné au maintien et non au développement.

Pour ce faire, nous proposons d’instaurer un moratoire sur le développement des routes dans la région de Montréal, le temps que le réseau actuel soit remis à niveau.  Le parachèvement de l’autoroute 30 sur la Rive-Sud et celui de la 640 sur la Rive-Nord pourraient faire l’objet d’exception alors qu’ils permettront d’établir de véritables voies de contournement qui viendraient réduire la circulation de transit au cœur de l’agglomération et faciliter le transport des marchandises dans l’ensemble de la région métropolitaine.

Maintenir l’offre et inclure un volet transport collectif dans les projets

La réfection des grands axes doit impérativement prévoir le maintien de l’offre pour la circulation automobile et l’intégration de voies entièrement dédiés aux transports collectifs.  En maintenant le même nombre de voies ouvertes à la circulation automobile,  la réfection des routes n’offrira donc pas d’incitatif important à l’étalement urbain.

De plus, la mise en place de voies dédiées au transport collectif dans les principaux corridors de déplacement présente un avantage double.  À court terme, ces voies permettent d’offrir un service d’autobus efficace et compétitif tout en préservant de précieuses emprises pour la mise en place de modes plus lourds comme un système léger sur rail (SLR) par exemple. Un des plus grands défis liés à la mise en place de mode de surface lourd (SLR, Tramway) en milieu urbain bâti reste le manque d’espace. Réserver des emprises pour les transports collectifs quand l’opportunité se présente constitue, par conséquent, un geste stratégique qui aura un impact majeur sur le développement des transports dans la région pour les années à venir.

Favoriser les projets bus à court terme

Dans le contexte économique actuel, la priorité doit être donnée au développement d’un réseau de voies réservées pour les autobus qui offre une solution flexible, peu couteuse et performante.  À court terme, cette méthode présente la solution avec le meilleur retour sur investissement.   De plus, bien qu’il ne constitue pas un mode de transport collectifs lourd, le déploiement d’un réseau de système rapide par bus (SRB), tel que proposé sur Pie-IX,  aurait un effet très structurant sur les secteurs qu’il dessert (densification, revitalisation, mixité des usages, etc.).

Il faut également encourager les liens intermodaux entre les différents modes de transport collectif et actif (vélo, autopartage, autobus, marche, taxi, métro, etc.). Plus ils seront intégrés et interconnectés, plus ils constitueront des options intéressantes pour la population.   Il est essentiel de rester réaliste dans les solutions que nous proposons alors que le contexte actuel ne permet pas aux différents niveaux de gouvernements d’investir dans des modes lourds dans un avenir proche.


Publicités

À propos de Les Justiciers urbains

Un jour, à la suite d’un projet mésadapté pour nore quartier, nous, les Justiciers urbains, avons été frappés par le devoir d’accomplir le destin qui nous unissait. Cette union nous a confié des turbos pouvoirs : lucidité et «exécutivité» hors du commun, capacité de faire triompher le bien du mal (uniquement dans des milieux citadins) ainsi que «sens de l’urbain» les avertissant des dangers imminents. Les Justiciers urbains aiment leur ville plus que tout. C’est pourquoi nous nous intéressons à l’ensemble des questions et enjeux concernant Montréal et sa région. Nous prenons position et faisons valoir nos idées face aux enjeux d’actualité. Nous produisons des éditoriaux, rédigeons des mémoires et participons à des consultations publiques avec pour mission de servir le bien commun de Montréal et de ses citoyens.

Publié le 7 septembre 2011, dans Édito de la semaine. Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. David Desmarchais

    Bien d’accord, réparons le toit qui coule avant d’acheter un spa! N’en déplaise à nos grands bâtisseurs (ex: le regretté Maire Drapeau) nous n’avons plus les moyens de nous payer le luxe des infrastructures audacieuses. Construisons et rénovons selon des modèles déjà éprouvés par les villes plus riches. Profitons de toute cette connaissance disponible et arrêtons de vouloir tout réinventer, nos architectes ne gagneront peut-être pas le prix Pritzker, mais au moins il y aura une certaine cohérence avec la réalité de nos finances publiques. En parlant de modèles éprouvés, est-ce que la VdeM a fait un inventaire des intersections pouvant être convertis en carrefour giratoires? Ça prend de la place mais c’est tellement plus efficace.

    • Les carrefours giratoires doivent effectivement être considérés pour améliorer la fluidité à des intersections déjà saturées. D’ailleurs, on les voit apparaître tranquillement depuis quelques années au Québec et à Montréal. Il faut savoir toutefois qu’ils peuvent être mal adaptés et dangereux aux endroits où il y a des couloirs réservés aux autobus ou des arrêts. D’ailleurs, les arrêts d’autobus aux abords des carrefours giratoires sont interdits en France et en Suisse. Les intersections montréalaises devraient donc être choisies tenant compte de ce fait. Comme les carrefours giratoires sont encore peu connus à Montréal, l’idéal serait donc de sélectionner justicieusement les intersections à réaménager et de procéder aux travaux de façon graduelle et progressive.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :