Prolongements de métro et consensus régionaux

15  juin 2011

Dans un article publié le 6 juin, la mairesse de Longueuil réplique à un éditorial de François Cardinal qui indiquait que les maires de la région métropolitaine étaient coupables d’une «grande irresponsabilité financière et un déplorable laisser-aller urbanistique» dans leur incapacité à prioriser l’un des trois projets de prolongement du réseau de métro à Montréal, Laval et Longueuil.

En faisant référence à l’article de François Cardinal, la mairesse de Longueuil s’interroge «sur la pertinence de la surenchère politique sur la place publique» alors que le Bureau de projet de l’Agence métropolitaine de transport (AMT) est actuellement en train d’étudier les différents prolongements.  C’est pourtant la sortie du maire de Laval qui demande cinq stations de métro sur son territoire, la résolution du Conseil de ville de Montréal en faveur du développement de la ligne bleue et l’annonce du Plan de développement de l’agglomération de Longueuil qui ont récemment politisé le dossier. Par ces gestes, les élus municipaux mettent sciemment de la pression sur les décideurs qui étudieront les conclusions du Bureau de projet de l’AMT.  Les éditoriaux qui s’en sont suivi attisent peut-être le débat, mais ils n’en sont certainement pas à l’origine.

Mme St-Hilaire souligne également que les prolongements de métro n’ont jamais fait l’objet d’un consensus relativement à la  priorisation des projets. Or, ceci s’avère inexacte puisqu’il y a 13 ans, le gouvernement du Québec adoptait le décret sur le prolongement à Laval, qui indiquait que les prochaines stations seraient construites à Montréal sur la ligne bleue vers Anjou.  Comme François Cardinal le mentionne, le décret a été adopté avec l’assentiment des maires de l’époque. Certes Mme St-Hilaire n’était pas en poste, mais la priorisation des prolongements a d’ores et déjà fait l’objet d’un consensus.  Nous croyons qu’il est important de respecter le décret et de prioriser le prolongement de la ligne bleue. Ce projet, qui est le plus techniquement avancé, s’implantera dans un milieu déjà bâti, favorisera la densification de l’île de Montréal en plus de limiter l’étalement urbain.

Du même souffle, la mairesse mentionne les consensus régionaux au sujet de la hausse graduelle de la taxe sur l’essence et sur le Plan métropolitain d’aménagement et de développement. Cela démontre clairement que s’entendre sur les grands principes d’aménagement et l’augmentation du financement pour les transports collectifs sont une chose, mais que de  trouver un terrain d’entente sur les projets à prioriser en est une autre! C’est pourtant un des maillons essentiels à la réalisation de ces derniers.

L’article signé par la mairesse de Longueuil souligne également l’enjeu de gouvernance régionale qui mine le processus décisionnelle et qui retarde souvent la mise en place de projets clés pour la région.  À ce chapitre Mme St-Hilaire frappe dans le mille alors que trop d’acteurs exercent un pouvoir sur la planification des transports et qu’aucune entité précise ne parle vraiment officiellement au nom de la région.  La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui devrait être la voix de celle-ci, est dans les faits un regroupement de maires qui sont redevables, en premier lieu, à leurs électeurs.  Qui peut les blâmer de défendre les intérêts de leur ville en faisant passer les intérêts régionaux au second plan?

Cette situation devra changer d’une façon ou d’une autre. Devrions-nous élire des représentants régionaux ?  Devrions-nous revoir le mandat de l’AMT et de la CMM? Devrions-nous, comme Mme St-Hilaire le suggère, faire renaître de ses cendres le ministère de la Métropole?  Une chose est certaine, tout changement demandera du temps et beaucoup d’efforts.  À court terme, nous somme d’avis que la méthode la plus efficace pour faire avancer les intérêts de la région reste de faire front commun, avec tous les défis que cela comporte pour les élus locaux.

L’article de C.St-Hilaire est disponible via le lien ci-joint:

http://bit.ly/mOBx5v

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À propos de Les Justiciers urbains

Un jour, à la suite d’un projet mésadapté pour nore quartier, nous, les Justiciers urbains, avons été frappés par le devoir d’accomplir le destin qui nous unissait. Cette union nous a confié des turbos pouvoirs : lucidité et «exécutivité» hors du commun, capacité de faire triompher le bien du mal (uniquement dans des milieux citadins) ainsi que «sens de l’urbain» les avertissant des dangers imminents. Les Justiciers urbains aiment leur ville plus que tout. C’est pourquoi nous nous intéressons à l’ensemble des questions et enjeux concernant Montréal et sa région. Nous prenons position et faisons valoir nos idées face aux enjeux d’actualité. Nous produisons des éditoriaux, rédigeons des mémoires et participons à des consultations publiques avec pour mission de servir le bien commun de Montréal et de ses citoyens.

Publié le 13 juillet 2011, dans Édito de la semaine. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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