Un concept novateur d’aménagement urbain sur la rue Masson ne verra pas le jour

22 juin 2011

Depuis plus d’un an, l’arrondissement Rosemont—La Petite-Patrie travaille sur un projet de piétonisation partielle de la rue Masson, au cœur de l’arrondissement. Cette rue commerciale subit en effet depuis plusieurs années une importante cure de revitalisation où nouveaux commerces, vie de quartier et nightlife deviennent de plus en plus importants.

Malgré sa localisation quelque peu excentrée par rapport au centre-ville et au réseau de métro, la rue Masson devient de plus en plus un lieu de destination séduisant pour les citadins et consommateurs d’un peu partout à Montréal.

Voulant capitaliser sur cette tendance et offrir à la rue Masson un cachet unique qui la démarquerait des autres grandes artères commerciales à Montréal (la rue Ste-Catherine, l’avenue du Mont-Royal, le boulevard St-Laurent, la Plaza St-Hubert, etc.), l’arrondissement et ses partenaires ont accouché récemment d’un projet de partage de la voie tout à fait unique à Montréal.

Celui-ci prévoit que pendant toutes les fins de semaine de l’été, seuls les piétons, vélos et autobus seraient en droit de circuler sur cette rue. De nouveaux aménagements, notamment la construction de saillies de trottoirs, étaient prévus pour assurer une cohabitation sécuritaire entre les bus et les piétons.

Or, les commerçants de la rue Masson étaient invités par l’arrondissement il y a quelques semaines à se prononcer sur le projet et ceux-ci l’ont rejeté par une très forte majorité, craignant que le bannissement des voitures ne leur fasse perdre trop de clientèle et ce, malgré l’ajout de places de stationnement supplémentaires dans les rues avoisinantes promis par l’arrondissement. Celui-ci s’étant engagé à respecter la volonté des commerçants, le projet s’en trouve à toutes fins pratiques abandonné.

Comprenant les préoccupations légitimes des commerçants, les Justiciers urbains estiment toutefois que ceux-ci ont fait preuve d’un excès de prudence qui contribuera au fond à confiner leur environnement commercial dans un immobilisme désolant, ralentissant l’élan de dynamisme et de modernisation qui le caractérise pourtant depuis quelques années.

Avec ce concept d’aménagement novateur et convivial pour les riverains, les citoyens et les consommateurs, la rue Masson aurait pu bénéficier d’une empreinte particulière qui l’aurait hissée au rang des grands pôles commerciaux attrayants de Montréal, au même titre que les grands noms du centre-ville, énumérés plus haut. C’est sans compter la couverture médiatique supplémentaire dont elle aurait bénéficié.

Corollairement, les riverains auraient pu se retrouver avec un environnement urbain unique qui aurait contribué à la qualité de vie, à l’implantation de nouveaux commerces et à la vitalité socioéconomique du quartier.

Pour densifier la ville, réduire les problèmes de transport, de sécurité et accroître la qualité de vie, il faut parfois savoir réinventer la ville pour qu’elle s’adapte aux nouvelles réalités. Le succès de la piétonisation des rues Ste-Catherine et St-Paul pendant la période estivale, par exemple, le démontre. La rue Masson vient de manquer une belle occasion de faire un pas ambitieux vers une redéfinition du partage de l’espace public dans la ville.

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À propos de Les Justiciers urbains

Un jour, à la suite d’un projet mésadapté pour nore quartier, nous, les Justiciers urbains, avons été frappés par le devoir d’accomplir le destin qui nous unissait. Cette union nous a confié des turbos pouvoirs : lucidité et «exécutivité» hors du commun, capacité de faire triompher le bien du mal (uniquement dans des milieux citadins) ainsi que «sens de l’urbain» les avertissant des dangers imminents. Les Justiciers urbains aiment leur ville plus que tout. C’est pourquoi nous nous intéressons à l’ensemble des questions et enjeux concernant Montréal et sa région. Nous prenons position et faisons valoir nos idées face aux enjeux d’actualité. Nous produisons des éditoriaux, rédigeons des mémoires et participons à des consultations publiques avec pour mission de servir le bien commun de Montréal et de ses citoyens.

Publié le 13 juillet 2011, dans Édito de la semaine. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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